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« Mise en mémoire »

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Paysages en guerre, paysages de guerre

En géographie, le paysage se définit comme le lieu que l'on regarde. Ce regard est celui de multiples acteurs durant la guerre mais aussi dans les années qui suivent le conflit jusqu'à aujourd'hui. Se sont ainsi des hommes, femmes, enfants, personnes âgées, généraux, soldats, prisonniers, ouvriers, paysans, journalistes, artistes, enseignants, populations occupées, architectes, touristes qui interagissent avec ces paysages de la guerre. Au cours du temps, ce regard a évolué et a façonné des représentations et une mémoire du conflit.

visuel Paysages en guerre, paysages de guerre

Aujourd'hui, les paysages sont les derniers témoins du conflit. Si la nature a retrouvé ses droits en recouvrant de nombreux vestiges, des traces perdurent, désormais intégrées dans nos paysages quotidiens : un blockhaus, une borne Vauthier, une queue de cochon clôturant une pâture...

Trace dans l'espace de vie quotidien des élèves mais traces sur lequel porte peu leur regard. Décrypter ces paysages de guerre et leur trace peut servir de point d'entrée pour comprendre le conflit et sa mémoire et travailler des compétences dans le cadre d'une démarche inductive pluridisciplinaire.

Lorsqu'on évoque les paysages de guerre, on pense d'abord aux espaces physiques où le conflit s'est déroulé, les paysages en guerre. C'est aussi prendre en compte les espaces de l'arrière qu'il s'agisse de l'arrière-front avec ses zones de transit et de repos, ses camps d'entraînement ou les paysages de l'arrière, au sens de territoire hors de la zone des combats, où l'impact meurtriers des conflits se matérialisera notamment après-guerre par l'édification des monuments aux morts. Si l'on suit la chronologie du conflit, on passe des paysages en guerre pendant le conflit à des paysages de guerre après le conflit.

Le regard porté sur ces paysages a d'abord été celui des soldats et des stratèges militaires. Ainsi, si l'on déforme les propos du géographe Yves Lacoste, on peut affirmer que « le paysage, ça sert d'abord à faire la guerre ». En effet, durant le premier conflit mondial, comme dans toutes les guerres, le paysage a été une variable stratégique importante. Les caractéristiques géographiques et topographiques des différents champs de bataille ont eu un impact sur les stratégies de guerre et les manoeuvres militaires. L'environnement naturel peut être perçu comme un ensemble de contraintes majeures ou, au contraire, comme un atout. La géographie, la cartographie, les sciences naturelles sont mobilisées pour effectuer des repérages et élaborer les stratégies. L'importance des points hauts se révèle ainsi capitale dans la guerre des tranchées : la moindre butte se transforme en observatoire, forteresse ou enjeu stratégique, ce qui explique aussi la destruction des édifices religieux. Pour se repérer, on exploite également les progrès de la photographie et notamment de la photographie aérienne. La guerre des mines s'explique aussi par la topographie particulière du front : on y a recours lorsque les tranchées adversaires sont trop proches les unes des autres pour employer l'artillerie sans prendre le risque de tuer ses propres soldats. Aujourd'hui, l'étude des paysages permet de mieux comprendre les batailles et opérations militaires.

D'ailleurs, l'environnement naturel marque profondément les discours, l'expérience et la mémoire combattante, Le « terrain » affecte directement la vie des soldats et leur expérience du champ de bataille, ainsi la boue des sols argileux de Flandres qui envahit la tranchée et les récits des combattants.

Paysages en guerre car ils portent la trace et les stigmates des combats. La guerre va profondément impacter les paysages des champs de bataille par les destructions engendrées à court terme, et les pollutions induites à plus long terme.

Ces désastres de la guerre, pour reprendre le titre d'une exposition récente du Louvre Lens, ont profondément marqué les combattants et les contemporains qui, dans leurs écrits, leurs poèmes, leur dessins, leurs peintures ont fait du paysage en ruine une métaphore pour évoquer la démence du conflit.

Ces paysages de guerre questionnent également les liens, réels et imaginaires, entre paysage et nation. On pense alors à toutes les images liées à l'invasion, à la terre nourricière dévastée, au patrimoine anéanti, qui nourrissent la vision de l'ennemi destructeur de la civilisation.

Après-guerre, le devenir des paysages de guerre se pose : quelles traces doit-on garder des ruines ? Pour quels usages ? Que et comment reconstruire ? Certains paysages vont être sanctuarisés avec l'édification de mémoriaux, de nécropoles, de lieux de mémoire et de musées. Un tourisme de guerre, entre mémoire, pèlerinage et dérives mercantiles, se développe. Le regard glisse des militaires vers les civils : autorités politiques, veuves et orphelins de guerre, touristes.

Dès 1917, le devenir des vestiges de guerre devient une préoccupation nationale. Le gouvernement institue une « commission des vestiges et souvenirs de guerre » auprès de l'administration des Beaux-arts. Cette commission, composée de représentants des ministères de la Guerre et des Beaux-arts, a pour mission de reconnaître les terrains « qui méritent d'être conservés dans l'état où ils se trouvent, soit pour le souvenir de faits d'armes dont ils ont été le théâtre, soit en raison de leur aspect ou de leur organisation particulièrement typique ». Leur constitution faite de matériaux périssables et les nécessités économiques et sociales de la reconstruction, incitent alors à proposer de n'en classer qu'un petit nombre particulièrement typique. Une simple documentation graphique et photographique est préconisée pour perpétuer le souvenir des autres. Mais, ces prescriptions ne seront pas suivies d'effet immédiat.

Hormis la Côte 108, colline ayant été le théâtre de combats du Chemin des Dames, classée au titre des Monuments historiques le 11/01/1937, il faudra attendre la période 1997-2003 pour qu'une partie de ce patrimoine bénéficie d'une protection juridique découlant de la loi du 31/12/1913 sur les monuments historiques. Le classement ou l'inscription au titre des monuments historiques a pour finalité de préserver, conserver et mettre en valeur les éléments sélectionnés pour leur valeur historique ou artistique.

Si, de par sa nature, ce patrimoine historique, composé de champs de bataille portant les cicatrices de la guerre, rend difficile la mise en oeuvre de cette protection, en revanche, d'autres éléments sont plus aisément protégeables : constructions de type mémorial ou monuments aux morts, musées contenant des biens meubles militaires ou civils témoignant de la vie quotidienne des hommes dans les tranchées.

30.000 monuments aux morts sont construits par les communes françaises en hommage aux victimes dans les années suivant l'armistice. Parmi eux, seule une quinzaine est actuellement protégée au titre des monuments historiques en raison de leur intérêt artistique ou esthétique. Mais, un nombre plus conséquent bénéficie du label « Patrimoine du XXème siècle », créé en 1999.

Une candidature au Label « forêt d'exception » est officiellement présentée par l'Office national des forêts et le Conseil général de la Meuse depuis le 12/09/2013 pour la forêt domaniale de Verdun. En partenariat avec la Fondation du patrimoine, ce projet se traduit par le lancement d'une campagne de souscription nationale. Les fonds récoltés auront vocation à réaliser un programme d'aménagement et de mise en valeur du site.

Enfin, au niveau international, l'UNESCO va intégrer dans le champ d'application de sa convention sur le patrimoine subaquatique de 2001 le patrimoine submergé de la Première Guerre mondiale. Cette protection s'appliquera 100 ans après le naufrage de chaque navire concerné. Ce sera une bonne occasion pour attirer l'attention sur ces vestiges menacés par le pillage et en développer notre connaissance. En effet, certains navires ont eu un rôle capital dans le conflit, tel le Lusitania, paquebot transatlantique britannique dont le torpillage par un sous-marin Allemand le 07/05/1915 a déclenché l'entrée des Etats-Unis dans le conflit.

Pour célébrer le Centenaire, une candidature franco-belge est déposée en vue de l'intégration à la liste du Patrimoine mondial des champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Cela apporterait une reconnaissance de la valeur universelle de l'ensemble du site. Actuellement, seuls 38 sites français et deux sites de guerre y figurent. L'impact touristique et économique pour les départements concernés serait considérable grâce à cette médiatisation et pérenniserait le devoir de mémoire dans le temps au-delà de l'impact du Centenaire.

Interroger les paysages, c'est donc interroger la façon dont ces paysages ont été modifiés, imaginés, vécus, représentés et commémorés et se demander comment l'étude des paysages peut éclairer notre compréhension de l'histoire politique, sociale, économique et culturelle de la Grande Guerre.

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